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Retours d’expériences d’une construction aux multiples facettes vertueuses… 

Un concentré de réflexion visant à privilégier une conception de la maison évolutive, à faible impact carbone, sobre en énergie et surface foncière tout en intégrant du réemploi.


En préalable à la conférence des 5 à 7 de l’éco-construction, les partenaires (CAUE, ALEC07, CMA, FIBOIS) ont souhaité proposer une visite d’une maison individuelle neuve débordante d’inspiration et de créativité dans la manière de la concevoir, de la réaliser et de l’habiter. L’aboutissement d’un dialogue étroit entre l’architecte et les particuliers tout au long du projet. 


En effet, à défaut d’avoir pu trouver un logement à rénover dans le secteur géographique souhaité cette famille de 5 personnes a opté pour l’acquisition d’une « dent creuse » à proximité de leur ancienne résidence locative et des commerces du village pour implanter leur futur maison.

Réduire les besoins d’énergie au maximum, privilégier les matériaux à faible impact carbone et la sobriété foncière


La maison de 125 m² sur deux niveaux a été pensée pour répondre aux besoins actuels de la famille mais tout en anticipant sur l’avenir.

En effet, lorsque les enfants quitteront le nid, il sera alors possible de prévoir l’aménagement de deux appartements indépendants (un à chaque niveau) permettant de réduire les charges énergétiques, l’entretien de la maison, et finalement mettre en application la sobriété foncière en permettant l’accueil d’une autre famille. 

Afin de conserver une vue sur les montagnes, au-delà des habitations alentours, la pièce de vie occupe l’ensemble de l’étage et trouve un accès au jardin nord de plein pied. Les chambres ont donc été installées en rez-de-chaussée, et ont, quant à elles, un accès de plain pied au sud. L’entrée se faisant dans la pièce de vie, un escalier extérieur dessert la maison via une terrasse couverte à l’est.

Les choix techniques se sont rapidement orientés sur une construction ossature bois, les éco-matériaux, le recours à un minimum de technologie mais aussi en ayant recours au réemploi.

La maison repose sur 30 cm de granulats de verre cellulaire équipé de drains pour évacuer l’eau tout en permettant une isolation du sol. 

Le nez de dalle béton du rez-de-chaussé a été traité avec du polystyrène extrudé 60 mm, recouvert d’une peinture bitumineuse noire.

L’isolation en toiture : 400 mm de ouate de cellulose insufflée entre des poutres en I. 

L’isolation des murs : 220 mm de ouate de cellulose soufflée entre les montants d’ossature bois avec une finition en bardage bois douglas brut de sciage côté extérieur. 

Les menuiseries en bois sont pour une partie en double vitrage et une partie en triple vitrage afin de gérer au mieux les apports solaires et les déperditions de chaleur.

Une structure métallique extérieure a été prévue façade sud pour permettre une couverture végétale qui servira de complément aux brise-soleil orientables pour la protection solaire l’été

Le renouvellement d’air essentiel à la maison, pour évacuer l’humidité et les polluants de l’air, est assuré par une ventilation double flux installée dans le volume chauffé pour permettre le suivi et l’entretien. Au delà de l’enjeu sanitaire, la ventilation double flux permet de faire des économies d’énergie et d’harmoniser la température dans le logement. 

Un système de récupération de chaleur sur l’eau de la douche permet de réchauffer l’arrivée d’eau froide du cumulus. 

Les besoins de chauffage sont très limités. Un poêle à bois bûche était suffisant à l’étage. Une seule flambée de confort a pour l’instant été réalisée depuis le début de cet automne.

Un « sourcing » à deux voix pour le réemploi dans la maison 

Le maître d’ouvrage a été particulièrement volontaire et motivé pour intégrer du réemploi dans son projet de construction. La baignoire sabot était déjà collectée que la maison n’était pas construite (ni même pensée) ! 


Sur les conseils et l’expertise de l’architecte, il a été possible de récupérer en grande quantité des plaques de bois contreplaqué de conditionnement pour les emballages afin de réaliser toutes les finitions des cloisons intérieures du rez-de-chaussée, ainsi que le remplissage du garde-corps des escaliers.

Après un travail de ponçage et de découpe par un artisan, le coût de revient était identique à une finition traditionnelle en plaques de plâtre + peinture. Les coûts portent alors sur le savoir-faire et pas sur le transport et la fabrication des matériaux. 


Le poêle à bois récent et étanche à l’air a pu être acquis auprès d’un particulier quittant son logement. 


Les matériaux de réemploi sont autant de petites histoires à raconter. 


Sous le parquet contrecollé d’occasion, des carrés de moquettes jouent le rôle de résilient acoustique. Ils proviennent de bureaux et ont pu être récupérés et installés sous les lames.


A ces premiers éléments s’ajoutent le carrelage, une porte, d’autres équipements sanitaires et l’aménagement du jardin avec des gabions composés sur places ou des fonds de toupies béton qui sont devenus des éléments de retenues de terre.

Enfin, les propriétaires ont fait le choix d’un abonnement auprès d’un fournisseur d’énergie ayant recours aux énergies renouvelables. 

7,6 tonnes de matériaux de réemploi actuellement en place dans cette construction.

Un retour d’expérience précieux et inspirant qui répond aux enjeux actuels d’urbanisme, de performance énergétique, de confort, de lutte contre le changement climatique, d’économie sur les ressources, de mobilité, de gestion de l’eau… 


Crédit photos : Célia Auzou – Architecte ADE & HMONP

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