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Retour sur le rapport du GIEC et effets du changement climatique en Ardèche

Notre planète se réchauffe sous l’effet de nos activités. Chaque année, nous vivons de nouvelles catastrophes climatiques. Pour limiter le réchauffement en cours, chaque degré compte. Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) vient de rendre public la première partie du 6ème rapport (en anglais) qui s’intéresse aux bases physiques du changement climatique.

Notre planète se réchauffe sous l’effet de nos activités. Chaque année, nous vivons de nouvelles catastrophes climatiques. Pour limiter le réchauffement en cours, chaque degré compte. Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) vient de rendre public la première partie du 6ème rapport (en anglais) qui s’intéresse aux bases physiques du changement climatique. Cette première partie traite de la compréhension physique du problème. La seconde portera sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique. La dernière partie abordera les solutions globales à mettre en œuvre pour atténuer ces changements. Les autres rapports seront approuvés courant 2022. Le GIEC a aussi rédigé un résumé à l’attention des décideurs.

Qu’est ce que le GIEC ?

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Le GIEC n’est pas une association de personnes physiques, mais une association de pays : ses membres sont des nations. Les personnes qui siègent aux assemblées du GIEC ne font que représenter des pays membres. Le GIEC n’est pas un laboratoire de recherche mais un organisme qui effectue une évaluation et une synthèse des travaux de recherche menés dans les laboratoires du monde entier. L’écriture de ce dernier rapport synthétise environ 14 000 papiers scientifiques et 234 autrices et auteurs ont participé à la rédaction.

Quelles sont les principales informations que nous retenons ?

1. Il fait de plus en plus chaud sur le globe

La température mondiale a déjà augmenté de plus de 1 °C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900), et ce réchauffement s’accélère. Durant les 50 dernières années, la température globale à la surface de la Terre a connu une augmentation sans équivalent depuis 2000 ans.

De manière locale, ces changement sont observables, comme le montrent les diagrammes ci-dessous. Les températures moyennes à Aubenas ont augmenté de 2.1 °C entre 1959 et 2019.

Source : Observatoire Climat Air Energie Auvergne Rhône Alpes
Source : Observatoire Climat Air Energie Auvergne Rhône Alpes

2. Les activités humaines sont responsables de ce réchauffement

L’Homme est responsable de ce réchauffement. Il est établi que l’influence humaine a réchauffé le système climatique. Les concentrations actuelles de CO2 n’ont pas été observées depuis au moins 2 millions d’années.

La fourchette probable du réchauffement net de la surface de la Terre due à l’activité humaine est de 0.8 °C / 1.3 °C. Les scientifiques observent des changements rapides et généralisés s’étant produis dans l’atmosphère, les océans, la cryosphère et la biosphère.

Une des importantes avancées scientifiques de cette étude par rapport à la précédente est l’importance de la part imputable aux activités humaines dans ces extrêmes climatiques.

3. Le climat change à un rythme sans précédent

Les évolutions du changement climatique sont rapides et de plus en plus intenses. Elles sont sans précédent dans l’histoire de notre climat moderne. Pendant les trois derniers millénaires, le niveau des mers n’a jamais augmenté aussi rapidement que depuis 1900. Les changements climatiques récents sont généralisés, rapides et s’intensifient toujours plus. Ces 10 dernières années ont été de 1.1°C plus chaudes comparé à 1850-1900.

Source : BonPote (extrait du rapport du GIEC)

4. Des extrêmes plus fréquents et plus intenses

Sécheresses, feux de forêt, canicules, submersions marines, pluies intenses… les extrêmes climatiques sont de plus en plus fréquents et puissants. Ils n’épargnent désormais plus aucune région du globe.

Il est pratiquement certain que l’intensité et la durée des vagues de chaleur ont augmenté dans la plupart des régions terrestres depuis 1950, tandis que les extrêmes de froid sont devenus moins fréquents et moins graves.

Ces extrêmes ne surviennent souvent pas seuls. La superficie des terres touchées par des phénomènes extrêmes simultanés a augmenté. Vagues de chaleur et sécheresses se produisent plus souvent simultanément, la fréquence des incendies augmente dans la région méditerranéenne, le nord de l’Eurasie, aux États-Unis et en Australie, de même que celle des inondations composées.

L’illustration ci-dessous permet de prendre la mesure des changement météorologiques observées (chaleur, précipitation, sécheresse agricole et écologique) dans les différentes zones climatiques du monde depuis 1950. Le GIEC attribut un degré de confiance dans la contribution humaine aux changement observées.


Source : Traduction du résumé du GIEC à l’attention des décideurs

Que nous dit l’Observatoire Régional sur les effets du changement climatique en Ardèche ?

Au niveau des incendies, l’Observatoire étudie l’évolution du nombre annuel de jours où l’Indice Forêt Météo (IFM) est supérieur ou égal à 20 : indice évaluant les conditions métrologiques propices au départ de feu. Lorsque cet indice est supérieur à 20 les conditions métrologiques sont favorables au départ de feu. En Ardèche nous avons connu une augmentation de 48% de nombre de jours annuel ou l’indice IFM est supérieur ou égal à 20 entre la période de 1959-1988 et 1986-2015, passant de 27 à 40 jours.

Source : ORCAE_Fiche_Indicateur_Risque_Incendie.pdf

L’ORCAE (Organisme Régional Climat Air Énergie) a étudié l’évolution des surfaces du département où les conditions sont propices au feu (IFM >20 ) pendant au moins 20 jours. On observe une augmentation de 13 % du pourcentage de la surface du département où les conditions sont propices au feu entre la période 1956-1988 et 1986-2015, passant de 20% à 33% de la surface du département où les conditions sont propices au feu de forêt.

Source : ORCAE_Fiche_Indicateur_Risque_Incendie.pdf

Les stations météorologiques étudiées en Auvergne-Rhône-Alpes ne montrent pas de tendance nette sur l’évolution du cumul annuel des précipitations. Le régime global de précipitations a peu évolué sur les 60 dernières années. L’évolution des cumuls de précipitations entre la période trentenaire (1990 – 2019) et la précédente (1960 – 1989) est de l’ordre de -1.6% à Aubenas.
L’incertitude est grande quant à l’évolution des précipitations dans le court, moyen et long terme. Aucune projection ne démontre à l’heure actuelle d’évolution tendancielle, dans un sens ou dans l’autre.

Source : Observatoire Climat Air Energie Auvergne Rhône Alpes

5. Des conséquences irréversibles

De nombreuses conséquences du changement climatique en cours sont irréversibles à l’échelle du siècle ou du millénaire, en particulier pour les changements dans les océans, les calottes glaciaires et le niveau global de la mer.

Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique continueront à perdre de la masse tout au long de ce siècle.

6. L’avenir de notre climat dépend de l’évolution de nos émissions

Il existe une relation quasi linéaire entre les émissions cumulatives de CO2 et le réchauffement climatique qu’elles provoquent. Pour réaliser des projections des climats futurs le GIEC réalise différents scénarios en fonction de différents scénarios d’émissions de gaz à effet.

Tous les scénarios prévoient que la planète connaîtra un réchauffement de 1.5°C au plus tard en 2044. Il est aussi probable que nous atteignons ce seuil dans la décennie actuelle.


Source : traduction du résumé du GIEC à l’attention des décideurs

7. Toutes les régions seront touchées

Toutes les régions connaîtront de nouveaux changements climatiques à court ou moyen terme dans les 30 prochaines années.

D’ici 2050, si le réchauffement climatique atteint 2 °C, les seuils de chaleur extrême connus pour être critiques pour la santé, l’agriculture et d’autres secteurs, seront plus fréquemment dépassés.

Source : traduction du résumé du GIEC à l’attention des décideurs
Source : traduction du résumé du GIEC à l’attention des décideurs

Source : traduction du résumé du GIEC à l’attention des décideurs

8. Les extrêmes accentués par le réchauffement climatique à venir

Températures
L’augmentation la plus importante de la température des jours les plus chauds est prévue dans certaines régions de latitudes moyennes et semi-arides, à un rythme environ 1.5 à 2 fois supérieur à celui du réchauffement planétaire. La plus forte augmentation de la température des jours les plus froids est prévue dans les régions arctiques, à environ 3 fois le taux de réchauffement global.

Fortes pluies
Les événements de fortes précipitations s’intensifieront et deviendront plus fréquents. À l’échelle mondiale, les fortes précipitations s’intensifieront d’environ 7 % pour chaque degré de réchauffement.

Cyclones tropicaux
La proportion de cyclones tropicaux intenses et les vitesses maximales des vents des cyclones tropicaux les plus intenses augmenteront à l’échelle mondiale avec l’augmentation du réchauffement climatique.

Sécheresse
La superficie des terres touchées par l’augmentation de la fréquence et de la gravité des sécheresses augmentera avec le réchauffement climatique.

Niveau de la mer
La fréquence des événements extrêmes de niveau de la mer augmentera au cours du XXIe siècle, de sorte que des événements extrêmes de niveau de la mer ne se produisant qu’une fois par siècle se produiront chaque année dans les régions côtières en 2100.

Source : Météo France

9. Affaiblissement des puits de carbone

La proportion des émissions de CO2 absorbées par les puits de carbone terrestres et océaniques est plus faible dans les scénarios ou les émissions cumulées de CO2 sont les plus élevées.

Source : Traduction du résumé du GIEC à l’attention des décideurs

Le mot de la fin

Ce dernier rapport du GIEC apporte des informations de qualité sur le changement climatique en cours. Nous n’avons plus de doute sur la responsabilité des sociétés humaines dans l’altération de nos climats terrestres. Des modifications sont en cours et des changements se produiront dans les décennies à venir quoi qu’il advienne. Nous savons aussi que nous avons les cartes en main pour limiter les effets du déréglementent climatique. À nous de jouer ! Chaque tonne de C02, de gaz à effet de serre compte pour atténuer les conséquences dangereuses du réchauffement climatique. Les prochains rapports du GIEC nous en diront davantage sur les impacts du réchauffement climatique sur les sociétés humaines et sur les actions à mener pour trouver des solutions d’adaptation et d’atténuation.

Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :